Kia EV4 : faibles attentes de ventes pour le nouveau rival Tesla

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Kia Australie lance l’EV4, son premier véhicule électrique non SUV, mais la société s’est fixée des objectifs de vente remarquablement modestes. Malgré un prix compétitif pour l’EV4 par rapport à des modèles populaires comme la Tesla Model 3 et le BYD Seal – à partir de 49 990 $ – Kia prévoit qu’environ 70 unités seront vendues par mois en Australie. Cela contraste fortement avec Tesla et BYD, qui déplacent régulièrement entre 300 et 600 unités par mois.

Projections des ventes et contexte du marché

Les prévisions prudentes se décomposent en environ 28 unités chacune pour les versions de base Air et GT-Line haut de gamme, les 14 unités restantes étant allouées à la variante Terre de milieu de gamme. Le directeur général de la planification des produits de Kia, Roland Rivero, note que la production n’est pas limitée, ce qui suggère qu’une demande accrue pourrait être satisfaite si les acheteurs australiens manifestaient un plus grand intérêt.

Cet objectif initial faible est significatif car il révèle la façon dont Kia perçoit le rôle de l’EV4 dans sa gamme. Contrairement à Tesla ou BYD, qui ont établi une forte demande de véhicules électriques, Kia semble tâter le terrain avec un volume de lancement plus petit. Cette approche réduit les risques tout en capitalisant sur les crédits NVES (New Vehicle Efficiency Standard) du gouvernement australien, qui encouragent les importations de véhicules électriques.

Considérations relatives à la production et aux coûts

Rivero explique que le développement de l’EV4 pour les marchés de conduite à droite comme le Royaume-Uni couvre déjà une grande partie des coûts d’homologation pour l’Australie. Cela rend financièrement viable l’importation même d’un petit volume d’unités. La voiture arrive de Corée aux côtés des modèles Kia existants, minimisant ainsi les frais logistiques.

La décision de donner la priorité aux ventes de véhicules électriques à faible volume par rapport aux véhicules à moteur à combustion interne (ICE) à volume plus élevé est révélatrice. Comme le souligne Dean Norbiato, directeur marketing de Kia, les crédits NVES générés par les véhicules électriques dépassent de loin les avantages de l’importation d’alternatives ICE à moindre volume, même si ces alternatives se vendent légèrement mieux.

La stratégie plus large de Kia en matière de véhicules électriques

Kia était le troisième importateur australien de véhicules électriques en 2025, avec 8 131 unités écoulées. Les ventes ont bondi de 125,4 % d’une année sur l’autre, portées par le SUV EV5 (4 787 unités), qui s’est classé quatrième dans les ventes globales de véhicules électriques derrière le Model Y de Tesla et le Sealion 7 de BYD. L’EV4 devrait devenir le troisième véhicule électrique le plus vendu de Kia, dépassant le Niro abandonné.

Ces données démontrent une tendance claire : les constructeurs automobiles traditionnels entrent prudemment sur le marché des véhicules électriques, tandis que les marques de véhicules électriques établies dominent les ventes. L’approche de Kia avec l’EV4 reflète cette expansion mesurée, en donnant la priorité aux incitations financières et en minimisant les risques.

Future gamme de véhicules électriques

Kia prévoit d’élargir encore sa gamme de véhicules électriques à la mi-2026 avec le fourgon commercial PV5 Cargo. À l’étranger, le PV5 est également disponible en versions passagers et pick-up, bien que leur disponibilité en Australie reste non confirmée.

En conclusion, les faibles attentes de ventes de Kia pour l’EV4 mettent en évidence une approche stratégique en matière d’adoption des véhicules électriques. L’entreprise tire parti des incitations gouvernementales et minimise les risques tout en testant la demande sur le marché australien. Cette stratégie prudente souligne la tendance plus large du secteur selon laquelle les constructeurs automobiles traditionnels entrent progressivement dans le secteur des véhicules électriques, tandis que les acteurs établis continuent de dominer les ventes.