Pourquoi de meilleurs transports publics, et non des sanctions aux conducteurs, sont la clé pour réduire la dépendance à l’automobile

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Les infrastructures de transport du Royaume-Uni sont depuis longtemps une source de frustration, caractérisées par la détérioration des routes et un réseau de transports publics fragmenté. Le récent rapport « Better Connected » du ministère des Transports tente de résoudre ces problèmes systémiques, mais il se heurte à un défi fondamental : comment éloigner les gens de la voiture sans rendre la vie plus difficile à ceux qui en dépendent.

Le conflit central : commodité contre politique

Depuis des décennies, les décideurs politiques cherchent à réduire l’utilisation de la voiture pour lutter contre les embouteillages et l’impact environnemental. Il existe cependant un décalage important entre les objectifs du gouvernement et la réalité de la vie quotidienne.

Bien que le rapport présente diverses stratégies pour améliorer le réseau, il néglige en grande partie la principale raison pour laquelle les gens conduisent : une commodité inégalée. Pour beaucoup, une voiture offre un niveau de flexibilité et de rapidité que les systèmes de transports publics actuels, souvent en proie à un manque de fiabilité et à des coûts élevés, ne peuvent tout simplement pas égaler.

Stratégies proposées et leurs limites

Le rapport « Better Connected » suggère plusieurs leviers pour modifier le comportement des navetteurs, notamment :
Donner la priorité aux bus sur les réseaux routiers existants pour améliorer la vitesse et la fiabilité.
Promouvoir l’autopartage et les initiatives de covoiturage pour maximiser l’occupation des véhicules.
Élargissement des programmes de stationnement incitatif pour combler le fossé entre la vie en banlieue et les centres urbains.
Améliorer l’entretien des routes pour assurer un transit plus fluide pour tous les usagers.

Bien que ces mesures soient logiquement valables, elles se heurtent à des obstacles importants. Par exemple, la mention de l’entretien des routes dans le rapport semble creuse pour de nombreux automobilistes confrontés à une crise nationale des surfaces endommagées par les nids-de-poule. En outre, la suggestion selon laquelle les conseils devraient maintenir les trottoirs et les pistes cyclables selon les mêmes normes rigoureuses que les routes principales peut être plus ambitieuse que pratique.

Le risque des stratégies « push » ou « pull »

En urbanisme, il existe deux manières de changer les comportements : éloigner les gens d’un mode de transport (en le rendant plus cher ou plus difficile) ou les attirer vers un autre (en rendant l’alternative plus attractive).

La tension actuelle dans la politique des transports du Royaume-Uni suggère une tendance à recourir à des tactiques de « poussée » – des mesures qui peuvent par inadvertance pénaliser les conducteurs. Si le gouvernement s’efforce de rendre les déplacements en voiture moins pratiques sans s’assurer au préalable que les transports publics constituent une alternative supérieure, moins chère et plus fiable, le résultat sera probablement un ressentiment du public plutôt qu’un véritable changement d’habitudes.

Pour réussir à réduire la dépendance à l’égard de la voiture, l’objectif devrait être de rendre les transports publics si attrayants que les gens choisissent de laisser leur voiture à la maison, plutôt que de se sentir contraints d’opter pour des alternatives moins efficaces.

Conclusion

Le rapport « Better Connected » contient les germes d’une stratégie de transport fonctionnelle, mais son succès dépend entièrement de sa mise en œuvre. Le véritable progrès ne viendra pas de rendre la conduite automobile plus difficile, mais d’investir massivement dans un système de transports publics offrant une véritable valeur, une fiabilité et un prix abordable.