L’horloge tourne.
L’Europe veut que les moteurs à combustion interne soient morts d’ici 2035. Ford dit de se dépêcher et vous allez tout gâcher.
Il fut un temps où Ford avait promis de cesser de vendre des voitures à essence avant cette même date limite. Pas plus. Ils ont examiné les données. Ils ont regardé la réalité. L’adoption des véhicules électriques évolue à un rythme glacial. L’ovale bleu ajusté. Maintenant, ils disent aux régulateurs que forcer un passage au tout électrique pourrait rendre les émissions pires, pas meilleures.
Voici pourquoi ils repoussent.
Зміст
Le piège contre-intuitif
La logique est la suivante : forcez les gens à acheter des véhicules électriques, et ils n’achèteront rien du tout. Au lieu d’échanger leur vieille casse contre un véhicule hybride ou diesel moderne et efficace, les conducteurs gardent le seau rouillé sur la route jusqu’à ce qu’il s’effondre.
Les vieilles voitures polluent. Beaucoup.
Les conserver plus longtemps signifie maintenir ces émissions à un niveau élevé.
Le président de Ford, Jim Baumbick, le dit sans détour :
Les objectifs en matière de CO2 doivent refléter la demande réelle des consommateurs. Forcer une transition risque de ralentir le taux de renouvellement des véhicules.
Les chiffres ne mentent pas non plus. Dans l’UE et dans les territoires voisins, les voitures purement électriques n’ont représenté que 19,5 % des ventes l’année dernière. Cela est passé à 20,6 % au premier trimestre 2026 ?
C’est un progrès. Bien sûr. C’est aussi la preuve que la plupart des gens veulent toujours de l’essence.
Les amendes ne sont pas amusantes
Ce n’est pas seulement Ford. Tout le monde transpire.
L’UE n’attend pas 2035 pour claquer le fouet. D’ici 2030 ? Les émissions de la flotte doivent être réduites de 55 % par rapport à 2021. Si vous n’y parvenez pas, vous rédigerez un chèque massif.
Le groupe Volkswagen s’expose à des amendes potentielles de 1,5 milliard d’euros rien que pour la période 2025-2027. Ils tentent de compenser les dégâts en favorisant les véhicules électriques, même lorsque la demande naturelle ne supporte pas le volume.
Ensuite, il y a la norme Euro 7 qui ajoute de la complexité au mélange. C’est un fouillis de réglementations.
Ford veut sortir. Ou plutôt, ils veulent un chemin différent. Ils supplient Bruxelles de permettre aux hybrides rechargeables et aux véhicules électriques à autonomie étendue (EREV) de compter davantage. Dans un EREV ? Le moteur à gaz n’est qu’un générateur. Aucun lien mécanique avec les roues. Juste un entraînement électrique pur avec une centrale électrique de secours dans le coffre.
C’est le pont que Ford pense que l’Europe est trop pressée de brûler.
Nouvelles voitures. Vieille technologie.
Ford ne reste pas les bras croisés pendant qu’ils discutent de politique.
Ils lancent cinq nouveaux modèles en Europe d’ici 2029. Trois d’entre eux ? Ils brûleront du carburant.
- Un Bronco spécifique à l’Europe.
- Deux crossovers « de rallye ».
- Les deux avec des motorisations multi-énergies ? Ouais. Gaz impliqué.
Les deux autres sont de purs véhicules électriques. Une nouvelle Fiesta électrique ? Peut être. Un petit SUV électrique ? Certainement. Renault participe à leur construction. Ford est trop à bout de forces pour le faire seul en ce moment.
Ce déploiement est une bouée de sauvetage. La part de marché de Ford dans le secteur des voitures particulières européennes est tombée à un niveau humiliant de 2,8 % début 2026. Les immatriculations ont chuté de près de 15 % d’un trimestre à l’autre. Ils devancent à peine Fiat. Les vieux héros – la Focus, la Mondeo – ont disparu. Ford a besoin de sang neuf. Même si ce sang a de l’essence dans les veines.
Qui a raison ?
Les prix diminuent. Une infrastructure de recharge ? À pois.
La plupart d’entre nous peuvent comprendre cette anxiété. Vous voyez un chargeur rapide à la station mais il est en panne. Vous achetez une voiture parce qu’elle correspond à votre budget et à votre autonomie.
Si l’UE rend la vie dure aux propriétaires d’hybrides ou aux acheteurs de gaz, que se passe-t-il ?
Les gens gardent leur diesel 2015. Les émissions restent élevées.
Rendre les choses plus faciles facilite-t-il la transition ? Peut-être pas du jour au lendemain. Mais cela laisse de l’argent dans les poches de l’industrie automobile. De l’argent qui peut être réinvesti dans le développement des véhicules électriques. L’objectif à long terme reste zéro carbone. Tout le monde est d’accord sur l’objectif final.
Ils ne peuvent tout simplement pas s’entendre sur la vitesse à laquelle les coureurs doivent sprinter.
Certains constructeurs automobiles réclament déjà plus de marge de manœuvre. Les fournisseurs le veulent aussi. Bruxelles va-t-elle plier ? Qui sait. Mais si l’objectif est réellement de purifier l’air, le fait de s’en tenir à un mandat rigide pourrait bien être ce qui vous en empêche. 🏁
